Contrepèterie

Pendant que le père de Vincent madré vigneron bourguignon, brique sa tonne avant le retour de sa femme, sa fille Manon, dont le nom lui confère une cote excellente auprès de la gent masculine du village, incite Jacques, l’un de ses nombreux amants, à goûter son vin tout en lui faisant admirer sa plante bien refaite.

Jacques l’entraîne alors dans la cuverie paternelle et, en voyeur intéressé, lui demande si elle a un magot dans son chai puis enchaîne: »écarte les caisses pour me montrer le trou de ton fût ».

Manon s’exécute mais en veut plus: elle a envie d’un Graves blanc et veut boire ça vite. Elle insiste lourdement: paie voir ta fine à ton tour! J’aime tant ta fine appellation contrôlée (Bourgogne évidemment).

Jacques à du mal à se décider car il préférerait proposer son vin à la petit Cathy rencontrée hier et qu’il se complairait à mugueter. Il cherche des excuses: »Je prendrais plutôt un peu de porto, car le porto aide à biner, mais je suis déconcentré par le vin qui sent le pinot ».

Manon insiste: »Occupe toi de moi. Prends ton pinard en brossant ma manette! Je t’autorise même à ajouter un quart à mon dû! » Pourquoi un quart et non un demi vous demandez vous, eh bien tout simplement parce que c’est aujourd’hui mardi et qu’elle sait qu’en même temps qu’elle la marquise s’offre le quart du mardi (CQFD).

Jacques ne peut résister à  des arguments aussi percutants et se décide finalement à trinquer comme un pitre avec Manon. Prudente, cette dernière lui demande toutefois de ne pas laisser de foudre dans sa pente: primum bien vivere, estime t elle, deinde éventuellement philosophari lorsque la rue du quai se fermera à la circulation.

Les ébats terminés, il décide de prendre congés mais auparavant, en homme courtois, s’enquiert auprès de Manon de la santé de son père. Il pense en effet que l’âge venant, son vieux doit commencer à sentir le pin. Que nenni lui répond Manon. Son ami Paul vient d’arriver pour lui faire une proposition: » Maintenant que tu as bien briqué ta tonne, essuie ton quart et tes douilles et viens à la maison enfumer ma cale ».

Morale (si l’on peut dire) de cette histoire: le vin fait du bien aux femmes surtout quand ce sont les hommes qui le boivent.

 

 

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