Le Roussillon stagne encore cette année à cinq restaurants 1 étoile. Une amélioration de l’offre touristique s’impose pour sortir de cet état végétatif…

Cinq restaurants monoétoilés -d’ailleurs pas toujours à la hauteur des attentes des clients- au total dont un seul pour Perpignan, d’ailleurs proche de l’espace Méditerranée: c’est peu pour un département aux multiples atouts et pour son chef lieu de 120.000 habitants riche en  centres d’intérêt. Il y a certes une petite dizaine de restaurants locaux éligibles à 1 étoile; c’est mieux que rien, mais même s’ils étaient tous promus en 2018, ce qui est peu vraisemblable, on resterait dans la catégorie des monoétoilés.

 

Concernant les 2 étoiles, plutôt que de se baser sur une hypothétique promotion  des monoétoilés actuels, mieux vaut croire à la venue spontanée de chefs déjà qualifiés et attirés par le développement touristique de Perpignan. En comparaison le département de l’Aude qui jouxte les Pyrénées Orientales, qui présente de fortes caractéristiques communes avec elles à part une population inférieure de plus de 20%, comptabilise 9 étoiles réparties entre l’un des 27  trois étoiles de France, deux 2 étoiles et deux 1 étoile. Si le 3 étoiles se trouve dans un village isolé, les deux 2 étoiles se trouvent à Carcassonne, ce qui confirme qu’un 3 étoiles attirera toujours les gastronomes où qu’il se trouve tandis que les 2 étoiles sont là où existe une fréquentation touristique de bon niveau, engendrée en l’occurence par la Cité.

La leçon à tirer de l’exemple de l’Aude est que les Pyrénées Orientales doivent améliorer le rapport entre l’offre et la demande en matière de tourisme. Dans ce but il convient d’ajouter un volet tourisme plus haut de gamme que celui de tourisme familial, de masse, florissant, seul en piste actuellement et  dont les effectifs s’agglutinent dès le début de l’été dans les campings du littoral. On note bien quelques frémissements dans ce sens d’interlocuteurs qui veulent accrocher une clientèle huppée; c’est un début  mais c’est insuffisant. Il faut aller de l’avant, il faut sortir le Roussillon de sa léthargie.

Remarque complémentaire: qui dit restauration dit aussi hébergement car ces piliers du tourisme vont de pair. En d’autres termes, les remarques concernant la restauration s’appliquent aussi à l’hôtellerie. Les principaux critères en la matière sont la capacité et la qualité des établissements. Dans le département, les Hauts Cantons sont nettement sous équipés avec pour conséquence qu’en hiver les amateurs  de sports, même les moins aisés, se rendent dans les stations espagnoles et andorranes beaucoup plus accueillantes que les nôtres. D’aucuns objecteront qu’il y a aussi la desserte des Hauts Cantons qui est responsable au moins en partie de cette situation;il est vrai qu’une liaison directe et rapide depuis Perpignan (rail, route, air?) contribuerait grandement au développement de cette belle région montagneuse. Il y a du pain sur la planche!

Pour se doter d’une image de marque puissante, le département peut s’appuyer sur le socle solide constitué par la diversité de ses paysages , la multiplicité de ses monuments, son climat…sans parler de ses vins dont l’importance justifie bien un article à paraître prochainement. Perpignan, capitale du Roussillon, doit devenir très vite la ville phare d’une évolution et d’une mutation touristique qui irradiera toute la province. Un premier grand pas dans ce sens devrait être franchi très prochainement avec l’installation de l’office de tourisme de Perpignan en plein centre historique  dans le superbe édifice de la Loge de Mer.

Alors, un restaurant 2 étoiles à Perpignan, c’est pour bientôt?