La girafe

 

Historiquement, la girafe a rarement suscité beaucoup d’intérêt pour le chercheur Il aura fallu attendre qu’elle soit classée dans les espèces « vulnérables » pour que l’on commence à s’y intéresser et à découvrir ses étonnantes singularités.

Ce qui frappe en premier à la vue d’une girafe c’est bien sûr sa taille qui peut atteindre 5,5 mètres et qui en fait le plus grand animal terrestre au monde. Voilà déjà qui fait bien sur une carte de visite, mais ce n’est pas tout !

Vu de l’extérieur, le long cou dont dispose la girafe lui est évidemment fort utile pour aller quérir sa nourriture dans les acacias dont elle apprécie fort le feuillage. Mais ce cou c’est aussi pour elle le moyen d’exercer son pouvoir, d’établir sa domination auprès de ses congénères, par des balancements obéissant à un rituel élaboré.

Du côté anatomique, on serait tenté de penser que ce cou comporte un nombre substantiel de vertèbres. Eh bien pas du tout ! Et encore plus curieux, il n’en comporte que 7 soit exactement comme l’être humain ! Par contre, elles sont sensiblement plus grandes puisqu’elles atteignent 25 cm.

Au sommet de ce cou, la tête du quadrupède présente une caractéristique hors norme : la taille de la langue qu’elle abrite, soit jusqu’à une cinquantaine de cm. De quoi aller batifoler dans le feuillage des acacias. Autre surprise : cette langue n’est pas de la couleur rose à laquelle on serait en droit de s’attendre, mais d’un magnifique bleu nuit. Recherches faites, il s’avère que cette couleur évite à ce long instrument d’attraper des coups de soleil lors de ses sorties prolongées.

Cerise sur le gâteau, la nature a donné à cette langue la faculté de secréter une salive aux vertus antiseptiques qui protègent notre girafe des piqûres de l’acacia.

Descendons du cou pour jeter un oeil sur le corps de notre animal. Là encore un nouveau record avec son cœur qui accuse le poids respectable de 11kg….Mais ce n’est pas de trop car pour envoyer le sang jusqu’au cerveau à plus de 2 mètres de hauteur, il faut une pompe d’une certaine puissance.

Nous arrivons maintenant aux pattes. Elles doivent être souples et en bon état car là la nature a moins bien fait les choses. Si la longueur du cou de la girafe est adaptée pour les opérations en hauteur, elle est insuffisante lorsqu’il s’agit de mettre le nez au sol pour brouter ou pour boire. Pour compenser ce manque de longueur, la girafe est obligée d’écarter et de plier les pattes ce qui lui fait prendre des poses des plus disgracieuses en totale dissonance avec sa belle silhouette.

Encore à propos de ses pattes, la girafe présente la particularité d’accoucher debout après, soit dit en passant, une gestation record de 15 mois. Ce qui fait qu’en cadeau de bienvenue sur cette terre le girafon -qui a déjà la taille d’un homme adulte- a droit à une chute libre d’environ 2 mètres. Heureusement, cette réception un peu brutale ne l’empêche pas de se mettre à gambader au bout d’une petite heure.

Quant à la robe tachetée des girafes -il n’y en a pas deux identiques- elle est non seulement esthétique mais surtout vitale pour l’animal. Des études ont en effet démontré que chaque tache de la robe était entourée d’un réseau sophistiqué de vaisseaux sanguins qui assurent la climatisation du corps de l’animal.

Enfin, qui l’eût cru, la girafe a ses entrées à la NASA qui a trouvé dans les vaisseaux de ses pattes matière à conception des combinaisons spatiales des astronautes.

En conclusion, la girafe offre de quoi peigner abondamment mais en évitant toutefois les excès de zèle qui peuvent s’avérer funestes. C’est du moins l’avis de Boris Vian dans Vercoquin et le plancton lorsqu’il déclare : « J’ai tellement peigné ma girafe qu’elle en est morte ».

D’après Géo du 16/10/2019

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