La mémoire

 

 

La mémoire est la faculté du cerveau humain d’enregistrer, de stocker et de restituer à son propriétaire des informations sélectionnées. Sa capacité de stockage dans le cerveau est énorme. Pour en avoir une idée, il pourrait contenir 3 millions d’heures de programmas TV qui demanderaient plus de 300 ans à un téléviseur fonctionnant en permanence pour être restituées. En d’autres termes, n’ayons aucun scrupule à mettre notre mémoire à contribution, bien au contraire, car la faire travailler l’entretient.

 

L’enregistrement

A l’origine de toute mémoire, de tout souvenir, il y a un enregistrement de données effectué par l’un ou plusieurs de nos cinq sens : ouïe, odorat, vue, toucher, goût. C’est la mémoire sensorielle, mémoire de base de toutes les autres mémoires que nous verrons plus loin, mais aussi mémoire la plus simple à acquérir car par répétition, mécaniquement, qui s’implante à vie dans le cerveau et qui nous assiste jour et nuit sans que nous en ayons conscience. C’est une mémoire aussi discrète qu’efficace, que l’on peut assimiler à une mémoire à long terme, qui nous épargne d’avoir à reprogrammer à chaque fois le fait d’aller à vélo, de traverser une rue, de se laver les dents, de cuire un œuf au plat et de centaines d’autres actions de notre vie de tous les jours. Sans l’assistance de la mémoire sensorielle notre vie serait un calvaire.

Toujours basées sur les impressions de nos cinq sens, on distingue deux autres sortes de mémoire : la mémoire à court terme (MCT) et la mémoire à long terme (MLT). Là, on ne demande pas au cerveau d’enregistrer une routine mais de mémoriser du ponctuel : une information, un sujet, qui peut aller d’un simple numéro de téléphone à la teneur d’une conférence ou d’un livre, par exemple. Pour la MCT comme pour la MLT le processus d’enregistrement comporte 3 phases bien différenciées :  l’encodage, ou repères permettant de reconnaître l’information à mémoriser, le stockage et la restitution. La différence entre MCT et MLT est le temps, la durée de l’enregistrement qui va d’une poignée de secondes pour la MCT à théoriquement la vie entière pour la MLT.

La MCT aussi connue sous le nom de sa variante mémoire de travail est ainsi désignée car elle permet de maintenir un certain nombre d’informations nécessaires pour l’exercice d’une activité donnée, par exemple retenir un numéro de téléphone. A ce propos, on a découvert que le nombre maximum de données mémorisables dans les quelques secondes de son espérance de vie était de 7, 7 chiffres ou 7 unités sémantiques. Autrement dit, plutôt que de mémoriser séparément la séquence 7,2,3,5,3,1,8 en procédant par regroupements 723, 531,8 on laisse la place à 4 autres données.

Avec la MLT, plus on veut conserver un souvenir longtemps, plus l’enregistrement devra être pointu et les répétitions fréquentes. Mémoriser pour le long terme requiert donc entre autres de la volonté, de l’attention et de la concentration. Tous les moyens sont bons pour fixer l’encodage : l’émotion, le désir mais aussi l’imagination et la visualisation, entre autres. Par exemple, pour retenir une liste de noms il est commode d’attacher chacun de ces noms à une pièce d’une maison que l’on connait bien. De procéder par associations d’idées. De transformer ce que l’on veut retenir en une histoire drôle, voire incohérente, car plus le cerveau est titillé par des drôleries, par du fantastique, en résumé par du non banal, plus il sera enclin à enregistrer.

 

La restitution

Le troisième volet de l’enregistrement est le verdict du processus de mémorisation. Il permet d’évaluer la qualité de la mémoire. Si l’on a bien travaillé l’enregistrement, la restitution, ou dans un style plus imagé, la reconstruction de l’information sera bonne.

Il arrive malheureusement que la restitution ne soit pas à la hauteur de ce que l’on en attendait. Cela va du nom « qu’on a sur le bout de la langue et qui ne veut pas sortir » à la maladie d’Alzheimer. Pour le nom qu’on a sur le bout de la langue, le mal est vite réparé en utilisant cette astuce : réciter mentalement l’alphabet et le nom recherché se manifestera lorsque l’alphabet arrivera au niveau de la première lettre du nom.

L’âge joue un rôle important dans la mémorisation. Sachant que le processus de mémorisation se développe lors des phases de sommeil profond et que ces phases raccourcissent avec l’âge, il est inévitable que les capacités de mémorisation, et par conséquent de restitution, diminuent tandis que les années passent.

A part l’âge, de nombreuse maladies peuvent affecter la mémoire. Ce sont principalement des amnésies qui se présentent sous différentes formes, la plus grave étant la maladie d’Alzheimer caractérisée par la dégénérescence des neurones du cerveau qui entraîne la perte irréversible des fonctions mentales et notamment de la mémoire. Et malgré toutes les recherches engagées on est encore incapable de traiter cette maladie.

 

L’entretien

Quand on voit la chance que nous, êtres humains, avons de posséder un outil aussi précieux que la mémoire, on conçoit que nous avons tout intérêt à bien l’entretenir via son support, le cerveau.

Le cerveau est très gourmand en énergie et en oxygène. Il ne représente que 2% de la masse corporelle mais consomme 20% de son énergie. En matière d’alimentation, il est friand d’antioxydants (thé vert), d’acide gras oméga 3 (saumon) et de vitamines B (épinards, pois chiches, jaune d’œuf). Une bonne hygiène de vie de son propriétaire (marche, exercices physiques au grand air) lui fournira l’oxygène dont il a besoin. Un bon sommeil est également recommandé.

La mémoire de son côté s’entretient elle aussi par des exercices dont on n’a que l’embarras du choix si l’on va faire un tour sur l’internet. Sans aller chercher des méthodes aussi sophistiquées qu’onéreuses, voici deux exercices qui ne nécessitent aucun investissement à part un peu de temps et qui sont très efficaces :

– Avant de s’endormir le soir se remémorer tout ce que l’on a fait durant la journée écoulée en y associant le ressenti de nos 5 sens. Au début on ne se souvient de pas grand-chose mais avec de la persévérance on obtient de bons résultats.

– Construire une histoire aussi mnémotechnique et originale que possible à partir d’une liste de noms, de l’intrigue d’une pièce de théâtre, de l’intitulé des chapitres d’un livre dont on souhaite se souvenir. Répéter l’histoire juste après l’avoir enregistrée, puis 24 heures, une semaine et un mois plus tard.

Surtout, ne cédez pas à la tentation de vous laisser aller à la paresse en vous reposant sur la mémoire que l’internet met à notre disposition. Ce serait laisser rouiller la mémoire humaine. La mémoire ne s’use que si l’on ne s’en sert pas et ce serait dommage de se priver des services qu’elle rend sans bourse délier.

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