La permaculture

 

Fini les jardins avec des planches de légumes alignés au cordeau et aux allées vierges de toute végétation. Au diable la géométrie et les pesticides fiertés des horticulteurs du 20ème siècle. Mais vive la permaculture qui fit faire demi-tour à l’horticulture de papa et maman. La permaculture est-elle à ce point révolutionnaire ?

 

Une culture autogérée….

Qui n’a jamais rêvé d’un jardin où tout pousserait tout seul et qui ne nécessiterait ni entretien, traitement ou arrosage ? Où son propriétaire n’aurait d’autre travail que celui de récolter ses légumes ? Eh bien ce rêve est théoriquement la réalité avec l’avènement de la permaculture. Nous disons bien théoriquement car en réalité nous manquons un peu de recul pour le vérifier.

Qu’est-ce donc que la permaculture ? C’est du bio poussé à l’extrême. L’homme n’a plus d’emprise sur la nature, c’est la nature qui lui dit quoi faire et s’il l’écoute attentivement la nature fera le travail toute seule. Concrètement, il faut oublier la notion de jardin classique actuel.

Le premier travail du permaculteur qui s’installe est de trouver un espace de nature sauvage et d’en examiner la flore en détail. Cette flore, en effet, sera un précieux auxiliaire de sa production car elle connait le terrain. Ensuite, en fonction de la nature du sol, il choisira les plantes non seulement le mieux adaptées à ce type de sol mais encore qui ont des affinités entre elles.

Une des originalités de la permaculture consiste en effet à produire simultanément des plantes qui se rendent service entre elles et rendent service à l’homme. Un exemple : l’association maïs, haricots, courges. Le maïs fertilise le sol en fixant l’azote de l’air et sert de tuteur aux haricots tandis que les feuilles des courges conservent l’humidité du sol. Pommes de terre et ail, navets et laitues sont d’autres exemples d’associations génératrices d’azote mais aussi protectrices contre les nuisibles.

Une fois sa sélection opérée, le permaculteur va effectuer ses plantations dans le terrain tel qu’il se présente. Il se contentera seulement d’un paillage en surface, paillage qui assurera abri et humidité aux plantes et qui en fin de vie se transformera en engrais. Tout traitement des plantes est exclu.

Par contre, les poules sont les bienvenues pour se débarrasser des bestioles indésirables et les moutons et autres chèvres pour les gros désherbages des secteurs boisés. Avantage supplémentaire : ces animaux consomment une nourriture non comestible pour les humains, fertilisent les sols avec leurs excréments et nous nourrissent de leur viande.

En autorisant quelques unes des plantes à se reproduire d’elle mêmes, on voit par extrapolation que la permaculture est capable de s’autogérer, le travail du permaculteur se réduisant à attendre le bon moment pour récolter.

 

…mais pas que !

S’il est vrai que la permaculture est une méthode de culture révolutionnaire, il est encore plus vrai qu’elle peut rendre un grand service à l’humanité dont les besoins en nourriture ne cessent de croître du fait de l’augmentation de la population. La mise en permaculture de sols considérés jusqu’à présent comme inexploitables par les agriculteurs traditionnels devrait contribuer à satisfaire ces besoins.

On le devine : la permaculture va vite aller bien au-delà d’une simple technique de jardinage. C’est déjà -et cela prendra vite de l’ampleur- une philosophie, une science, un nouveau mode de vie qui aura des répercussions dans l’habitat, la technologie, l’économie, la santé, le bien être, entre autres. Elle va aussi nous enseigner la gestion de l’eau, l’eau ce produit que si l’on n’y prend pas garde se raréfiera et vaudra de l’or.

 

Permaculture = culture de la permanence

D’aucuns vont même jusqu’à déclarer que « la permaculture nous permettra de répondre à l’ampleur de la crise écologique qui s’annonce ». Alors, « en route pour la transition écologique grâce à la permaculture » *. Qui vivra verra !

 

* Grégory Derville   La Permaculture   Editions Terre vivante

Comments

  • oui cela commence à porter « ces fruits » déjà dans les vignes certaines plantes poussent pour éviter de mettre des produits toxiques, ce n’est pas exactement de la permaculture mais c’est déjà une avancée.
    Article très bien fait.

  • Merci de ce commentaire. Une écologie raisonnée commence à entrer dans nos mœurs.

  • Un grand bravo à « GUY LE FURETEUR » pour cette 10ème édition et surtout pour la qualité et le choix judicieux de ses rubriques…En route pour la 20ème…

  • Merci pour ces compliments et ces encouragements…..pour la 20ème newsletter!

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