Le charisme

 

On aime à dire qu’une personne a du charisme, qu’elle est charismatique. Pour le commun des mortels, c’est quelqu’un qui a un je ne sais quoi qui lui confère un attrait, une attirance irrésistible. Que cache ce mot à la fois mystérieux et galvaudé? Décortiquons-le donc.

 

Qu’est-ce que le charisme ?

Il n’y a pas une, mais une multitude de définitions du charisme. Toutes tournent cependant autour de l’étymologie grecque du mot qui signifie « plaire ». Et c’est un fait : l’homme charismatique a cette faculté innée de plaire. Il a l’art de plaire avec tout ce que cela comporte.

Ainsi, le charisme c’est tout ce qui peut faire la différence entre les personnes qui captivent l’attention et qu’on a envie de fréquenter et celles qui passent inaperçues. Une personne charismatique parvient facilement à éveiller l’intérêt des autres et ce de manière tout à fait naturelle. Elle séduit, influence et fascine les autres par ses propos, ses attitudes, son tempérament, ses actions.

A noter que pour la religion, le charisme est un don que Dieu concède, par le biais du Saint Esprit, à certains croyants au profit de la communauté. Par exemple le mouvement charismatique des Pentecôtistes a pour mission de construire la communauté chrétienne. Cet aspect particulier du charisme n’est pas abordé dans le présent article.

 

Quelles sont les composantes du charisme ?

Le charisme requiert un certain nombre de qualités qui, si elles ne sont pas innées, peuvent être développées (voir plus loin). Ce sont principalement :

* Une grande estime de soi, une grande confiance en soi et une grande assurance. Les êtres charismatiques sont bien dans leur peau et dégagent une impression de calme et de sérénité. Ils ont un état d’esprit positif et sont motivés par la réussite.

* Une grande simplicité, une grande humilité. La personne charismatique ne fait pas étalage de ses connaissances ; elle ne cherche pas à se mettre en valeur par rapport aux autres. Elle n’est pas arrogante et ne dit que les choses qu’elle pense vraiment. Elle n’essaie pas d’avoir toujours raison.

* Une grande capacité d’écoute. C’est fondamental. L’homme charismatique doit s’intéresser sincèrement aux autres. Il doit les amener à se sentir spéciaux. Il doit se souvenir de leurs noms. Plus largement, il doit savoir communiquer, se montrer passionné par ce qu’il dit et affirmer ses idées ; par exemple ne pas dire « ce projet pourrait fonctionner » mais « je crois en ce projet » quitte à reconnaître honnêtement son erreur plus tard dans l’hypothèse où il se serait trompé.

* Une grande capacité à tenir sa parole et ses engagements. L’homme charismatique est un homme sur qui on peut compter dans tous les domaines.

*Une grande force de caractère. L’homme charismatique se doit d’exprimer sa vraie personnalité et de l’exprimer avec une force qui inspire le respect.

* Un fort langage corporel. C’est d’ailleurs la composante à mettre en tête de liste car ce qui frappe dès l’abord lorsqu’on rencontre quelqu’un c’est sa présentation, et c’est encore plus vrai pour l’homme charismatique. Les vêtements ont un rôle à jouer, bien sûr, mais c’est surtout la manière dont il se tient, ses gestes, sa façon d’occuper l’espace pour monopoliser l’attention de ses interlocuteurs.

 

Comment développer son charisme ?

La question de savoir si le charisme est inné ou non n’a pas encore été tranchée. Par contre une chose est absolument certaine, le charisme peut être développé et c’est à la portée de tous. Allez faire un tour sur l’internet, vous y trouverez des conseils à foison, tantôt gratuits, tantôt payants (car le filon est bon).

C’est la « coach » québécoise Manal Idbali qui, semble-t-il, donne la recette la plus simple mais la plus percutante pour qui veut commencer à développer son charisme. Elle tient en 3 mots : sourire, posture et voix. On n’insistera jamais assez sur l’importance que tient cet instrument merveilleux qu’est le sourire pour se mettre les autres dans la poche.

La posture est un peu plus complexe ; elle doit dégager en même temps présence, solidité, force tranquille, disponibilité, confiance, bienveillance. Il faut partir d’un schéma où l’on est debout, bien campé sur ses deux jambes très légèrement fléchies, le torse droit, les épaules relâchées, les bras ballants légèrement écartés du corps. Toutes les autres positions, par exemple assis en face d’un interlocuteur, dérivent de cette position debout. Par exemple, les bras ne seront jamais croisés : ils doivent être disponibles pour des gestes appuyant des paroles.

La voix, en troisième lieu, trop souvent négligée, joue pourtant un rôle prépondérant dans le charisme. Un spécialiste de la question, Jean Sommer, l’expose dans une série de petites vidéos diffusées par You Tube. Le fin du fin est de parvenir à placer sa voix de façon qu’elle soit posée, tonique et précise.

Bien entendu, si l’on veut aller plus loin, il faut pouvoir disposer des composantes énumérées plus haut.

 

Qu’est-ce que le charisme n’est pas ?

Vous l’aurez sans doute deviné en lisant ce qui précède mais il parait utile d’insister sur ce que le charisme n’est pas, sur ce avec quoi il n’a rien à voir.

En premier lieu, le charisme n’a rien à voir avec la richesse. Un pauvre peut être charismatique (Gandhi). Il n’a rien à voir non plus avec la beauté physique. La façon de s’habiller n’aurait a priori aucune importance, mais il n’empêche qu’une personne charismatique qui se doit de se respecter et de respecter les autres a intérêt à porter des vêtements en rapport avec l’image qu’elle veut donner d’elle.

Le charisme, ce n’est pas non plus avoir de l’autorité, en principe et sous réserve des dérives exposées plus bas. De même, l’homme charismatique n’est pas, en principe, un m’as-tu vu.

 

Les dérives du charisme

Selon le sociologue Max Weber, le charisme permet d’exercer une sorte de pouvoir. On a alors affaire à des leaders charismatiques dont la personnalité extraordinaire subjugue littéralement. Ce type de leadership a permis à un Adolphe Hitler, par exemple, de construire son empire et d’exercer son pouvoir d’influence d’une manière destructive et irrationnelle.

On voit donc que si le pouvoir de séduction est utilisé à mauvais escient, il peut s’avérer très dangereux. Une personne dotée d’un grand charisme peut très bien devenir un puissant manipulateur. C’est le cas des gourous ou encore des pervers narcissiques.

Dans les entreprises il existe aussi des prétendus leaders charismatiques qui sont en fait des tyrans faisant régner la terreur. En réalité, leur charisme est factice car ils ont besoin des autres pour se valoriser et quelqu’un de charismatique ne dévalorise pas les autres.

Laissons la conclusion de ce paragraphe à Francis Proust : le chef d’entreprise charismatique doit « en imposer pour ne pas avoir à imposer ».

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