Le Panthéon

L’entrée de Simone Veil au Panthéon le 1er juillet 2018 est une bonne occasion pour donner un coup de projecteur sur l’histoire agitée et le rôle de ce monument parisien. Aujourd’hui son affectation de nécropole pour les grands hommes parait définitive mais il n’en a pas toujours été ainsi.

 

Eglise Sainte Geneviève ou Panthéon ?

Lorsque vers 1745 l’architecte Soufflot fut retenu pour concevoir cette construction, il s’agissait d’une église destinée à accueillir le reliquaire de Sainte Geneviève qui se trouvait -et se trouve d’ailleurs  toujours et pour cause- église Saint Etienne du Mont à Paris. Ce devait être l’église Sainte Geneviève.

La construction de l’édifice en forme de croix grecque et de style néo classique  commencée, en 1757 se termina en 1790, c’est-à-dire au moment où les acteurs de la Révolution s’activaient à réorganiser le pays et en particulier à le laïciser. Pas étonnant donc  que l’édifice flambant neuf ait fait l’objet d’un décret du 4 avril 1791 stipulant que « le bâtiment servira de nécropole aux grands hommes qui en auront été jugés dignes par l’Assemblée Nationale ». Ce sera un Panthéon au sens étymologique du terme grec (temple de tous les dieux).

En fonction de la couleur des  nombreux régimes politiques qui se sont succédés depuis la Révolution, l’édifice a alterné des périodes de consécration au culte catholique et des périodes de laïcité. Inutile de préciser que chaque changement d’affectation se traduisait par des modifications de l’architecture, de la décoration, des inscriptions etc…

C’est finalement en 1885 qu’à l’occasion de l’admission de Victor Hugo en ces lieux que le Panthéon est devenu tel que nous le connaissons aujourd’hui. C’est un monument national.

Le seul vestige qui rappelle aujourd’hui que le Panthéon fut sporadiquement une église est la croix de pierre qui surmonte la coupole, mais chut !

 

Les hôtes du Panthéon

La « panthéonisation » d’une personnalité résulte aujourd’hui d’un décret du Président de la République sur proposition du Premier Ministre et sur rapport du ministère de la Culture.

A ce jour, ils sont 75 à avoir reçu « les honneurs de la partie reconnaissante » mais, amère constatation de nos dirigeants inconditionnels de la parité, le nombre de « panthéonisées » plafonne à 4, soit un peu plus de 5% seulement des élus.

Heureusement que cette constatation n’empêche pas la terre de tournée, et cela, c’est un autre hôte, mais bien vivant celui-là qui nous le prouve : le pendule de Foucault suspendu à la coupole de l’édifice à  67 mètres de hauteur. Sa première mise en place par Foucault lui-même remonte à 1851.

 

 

 

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