Le transhumanisme

 

Le progressisme antichambre du transhumanisme

Comme si nos chers dirigeants n’avaient rien de mieux à faire, ne voilà-t-il pas qu’ils se sont mis dans la tête, au titre du « progressisme » de remettre complètement en question la reproduction de l’être humain. Car pour eux qu’un enfant soit le fruit d’un père et d’une mère n’est plus du tout tendance. Pour mettre un terme à cette conception -dépêchons-nous d’utiliser encore ce terme avant sa condamnation à disparaître de notre vocabulaire- une loi dite « loi bioéthique » est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Cette loi autoriserait notamment la PMA (Procréation Médicale Assistée) pour les couples de femmes et les femmes célibataires, c’est-à-dire la partie apparente de l’iceberg car l’adoption de la PMA ouvrirait la porte à une cascade d’autres élucubrations aux conséquences abracadabrantesques à commencer par la GPA (Gestation Pour Autrui).

Le philosophe Olivier Rey résume ainsi la situation : « la bioéthique est là pour approuver ce que l’éthique tout court réprouve ». Certes, il existe un Comité consultatif national d’éthique (CCNE) mais autant celui-ci se montrait réservé en 2017 en invoquant les problèmes insolubles que la PMA allait engendrer, autant le président actuel de cet organisme a osé cette confidence : « je ne sais pas ce que sont le bien et le mal » ce qui augure plutôt mal de la suite des événements. Nous avons eu une lueur d’espoir suite à la déclaration d’Aurore Bergé porte-parole du parti présidentiel le 3 octobre 2019 : « Ni dans ce projet de loi, ni aujourd’hui, ni demain, nous n’empêcherons quelconques parents hétérosexuels de vouloir concevoir un enfant de manière charnelle » mais qui hélas s’est reprise peu après en déclarant : « Nous permettrons seulement à plus de Français de créer des familles et nous permettrons à plus d’enfants de voir leur filiation sécurisée » ce qui est beaucoup plus politiquement correct.

Autre son de cloche, cette fois du psychanalyste Pierre Winter qui estime que la PMA pour toutes les femmes est la négation de l’importance du père dans le développement de l’enfant alors que « la fonction symbolique du père est irremplaçable » ainsi que celle de la réalité biologique de la différence des sexes.

La première manifestation contre la loi bioéthique se déroule en ce dimanche 6 octobre 2019 et ce ne sera certainement pas la seule car le progressisme dans lequel on nous plonge nous mène tout droit vers un mouvement d’une toute autre ampleur, le transhumanisme.

 

Le transhumanisme

« Resterons-nous de hommes ? » s’interroge à juste titre une journaliste à propos d’une réflexion sur le transhumanisme. Mais qu’entend-on au juste par transhumanisme ? C’est une sorte de melting pot géant brassant avancées de l’intelligence artificielle et de la biologie avec pour but de reléguer le brave homo sapiens du 21ème siècle aux oubliettes vu qu’il sera devenu un dieu. On notera au passage que le Dieu unique en qui croit une grande partie de l’humanité est inconnu des transhumanistes qui  ne sont donc pas gênés pour créer autant de dieux qu’ils veulent.

C’est donc une humanité nouvelle qui verrait le jour avec des êtres doués de toutes les capacités possibles et imaginables dont bien évidemment l’immortalité tout en restant en parfaite santé. Une inconnue cependant : que se passerait-t-il si, à force de solliciter l’intelligence virtuelle, l’ordinateur venait à dépasser l’intelligence humaine ? Et cela pourrait bien se passer en 2045, date fixée arbitrairement par Ray Kurzweil, transhumaniste ingénieur en chef chez Google.

Tiens ! Google s’intéresserait donc au transhumanisme ? Mais oui, et de très près avec ses 3 autres compères du GAFA, Apple Facebook et Amazon. Voyant qu’il y avait de l’argent à faire avec la transhumanisme, les membres du GAFA investissent actuellement des millions de dollars dans la recherche dans les domaines des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l’Information et sciences Cognitives) en clair de l’interconnexion croissante entre l’infiniment petit, la fabrication du vivant, les machines pensantes et l’étude du cerveau humain. Sans se soucier le moins du monde de l’aspect éthique de l question, Il ne reste plus qu’à transformer en certitudes des hypothèses jusqu’à présent non démontrées scientifiquement et voyez caisse !

Mais la grande question qu’on peut se poser : jusqu’à quel point peut-on manipuler, modifier l’être humain ? Le modifier génétiquement est désormais possible mais de là à substituer la machine à son cerveau il y a encore un fossé. Car le cerveau ne se construit ni ne fonctionne comme un ordinateur. Il a besoin d’un environnement pour fonctionner, en l’occurrence les informations qui lui sont fournies par nos sens et ces informations varient selon les individus. Autant que nous puissions nous avancer aujourd’hui, on est encore incapable de créer une « machine consciente ». La dématérialisation totale du cerveau parait impossible.

Au stade actuel de nos connaissances, le seul apport tangible du transhumanisme est une espérance de vie plus longue dans de bonnes conditions de santé. Mais est-ce souhaitable, est-ce vraiment ce que l’homme recherche car comme le souligne Woody Allen : « L’éternité c’est long….surtout vers la fin ! ».

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