Les algorithmes dans notre vie quotidienne

A l’instar de Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, nous fabriquons sans arrêt des algorithmes dans notre vie courante. Mais, le progrès aidant, des algorithmes extérieurs très élaborés sont désormais à notre disposition. Aussi discrets qu’efficaces, nous les utilisons souvent sans le savoir tandis qu’eux en profitent pour nous « ficher » à notre insu. Faisons le point.

 

Qu’est-ce qu’un algorithme ?

La définition la plus communément admise de l’algorithme est « une suite finie d’opérations non ambiguës permettant de résoudre un problème ». Pour utiliser une image parlante, c’est ce que réalise notre cerveau lorsque nous nous apprêtons à traverser une rue : il nous donne toutes les infos utiles pour que tout se passe bien. Parallèlement à ces algorithmes personnels, l’homme a cherché à codifier manuellement certaines opérations de façon à les rendre utilisable par le grand public. Par exemple il suffit de connaître 6 algorithmes -dont FRUR’U’F’- pour obtenir une croix avec le Cube Magique.
L’avènement de l’informatique a donné une impulsion exponentielle à l’algorithme. En quelques années, on est passé du stade manuel, artisanal, au stade industriel. L’informatique permet en effet de stocker un nombre quasi illimité de données parfaitement organisées et fiables. Le plus bel exemple d’algorithme informatisé est celui de Google qui est probablement l’algorithme le plus complexe dans le monde du Web. Ultra protégé et en mouvance permanente, il permet maintenant la recherche en temps réel. On arrive donc à en obtenir un résultat actualisé quasi instantanément.

 

Omniprésence des algorithmes

Les algorithmes sont aujourd’hui partout. Ils nous rendent de grands services. Nous les utilisons sciemment mais aussi inconsciemment. La quantité énorme de données dont on les gave associée à la rapidité de traitement de l’informatique font que de plus en plus ils dament le pion au cerveau humain en nous donnant une réponse aussi complète que précise en temps quasi réel.
Plutôt que de tenter d’établir une liste aussi longue que fastidieuse des algorithmes existant, nous donnerons quelques exemples orignaux de présence des algorithmes dans notre vie quotidienne. Avant de mettre le nez dehors le matin nous consultons la météo : les prévisions sont établies par algorithmes confiés à d’énormes calculateurs. Dans votre voiture, c’est un algorithme qui vous donne toutes les informations possibles sur le trajet que vous voulez effectuer. Vous prenez de l’essence dans une station en libre-service : c’est un algorithme -de Luhn- qui vérifie l’authenticité de votre carte bancaire. Vous allez faire une course en ville : une caméra de surveillance urbaine dotée d’un algorithme peut aisément vous identifier dans la foule et vous suivre en temps réel. Vous passez à la librairie acheter un livre dont vous avez entendu parler : sachez qu’avant de se trouver en rayon il aura la plupart du temps été soumis au préalable à un algorithme chargé d’en évaluer les propriétés littéraires, donc sa valeur commerciale. Les exemples abondent.
Il est aussi intéressant de noter que le plus gros concepteur et utilisateur d’algorithmes au monde est probablement Google qui en compte une bonne quinzaine dont Page Rank qui effectue le classement des pages web utilisées par le moteur de recherche maison. Amusant mais surtout très utile est l’algorithme Google correcteur d’orthographe. Il est superflu d’ajouter que Google travaille sans cesse au perfectionnement de ses algorithmes, tout cela bien sûr dans le plus grand secret.
Et maintenant, avec le développement des robots, les algorithmes coopèrent avec l’intelligence artificielle. Ce sont des algorithmes qui, par exemple, permettent à un robot de se déplacer de manière autonome dans son environnement. Or l’ère des robots étant en pleine expansion, les programmeurs ont encore de beaux jours devant eux.

 

Les algorithmes ne sont pas neutres

Le principal reproche que l’on peut faire aux algorithmes, c’est que dans bien des cas ils ne sont pas neutres. A commencer par Google qui se dit impartial et portant met en tête des résultats les grandes marques et les sites populaires…Dans d’autres cas, ils nous donnent des nouvelles pour lesquelles ils ont été programmés. Ainsi le GIEC -Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat- revient périodiquement à la charge pour soutenir l’idée erronée qu’il y a bien réchauffement climatique du fait de l’homme et ainsi culpabiliser les pays riches, ceci avec la complicité des médias. Comme quoi des algorithmes politisés peuvent s’avérer extrêmement toxiques.
On peut aussi commencer à s’inquiéter sérieusement de l’emprise croissante des algorithmes sur nos personnes physiques et le plus souvent à notre insu. L’exemple type est celui de la télésurveillance qui permet d’identifier une personne donnée dans une foule et de la suivre dans ses déplacements. Tant qu’il s’agit de sécurité, c’est très bien mais attention aux débordements !
Toujours à propos des personnes physiques, l’on dispose maintenant d’algorithmes capables de définir votre personnalité de manière beaucoup plus pointue que ne le feraient les personnes qui vous connaissent le mieux. C’est très bien si cela se fit avec l’accord du sujet passé à la moulinette.
En revanche, ce qui est la grande mode actuellement mais qui est d’autant moins légal que ça se passe souvent à votre insu, c’est l’exploitation éhontée des visages à des fins commerciales pour ne parler que des plus honnêtes. Voici quelques exemples. Tel algorithme est capable de définir ce que recherche telle personne dans tel domaine à partir des expressions de son visage vu sur un réseau social. Tel autre est capable de dire comment un visage est perçu par les autres. Tel autre quel visage est le mieux placé pour occuper tel poste, voire pour gagner telle élection. De quoi éveiller des soupçons, susciter des inquiétudes.

 

L’homme face à l’algorithme

Le monde des algorithmes est fascinant et permet à l’homme d’obtenir des résultats qu’ils ne parviendraient pas à obtenir seul et aussi rapidement. Son rôle n’en reste pas moins très important car c’est lui qui, jusqu’à présent, doit donner des informations à l’algorithme qui se chargera de les organiser pour répondre aux demandes.
Pour l’avenir, on peut à juste titre se poser au moins deux grandes questions :
* n’arrivera-t-il pas un jour où l’algorithme parviendra à se programmer seul ?
* songe-t-on à encadrer juridiquement les algorithmes pour en éviter les dérives ?

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