Les Brèves du Fureteur 12

 

Anticipation ?

– Allo ! Giovanni Pizza ?

– Non Monsieur. C’est Google Pizza.

– Excusez-moi. Je me suis trompé de numéro.

– Non Monsieur. Google a racheté la pizzeria.

– OK. Voici ma commande.

– Vous prenez comme d’habitude ?

– Comme d’habitude ? Mais vous me connaissez ?

– Compte tenu de votre numéro de téléphone que j’ai sous les yeux, toutes vos dernières commandes étaient une pizza 3 fromages avec supplément chorizo.

– Exact.

– Cette fois, puis-je vous suggérer une pizza légumes avec une salade ?

– J’ai horreur des légumes !

– Pourtant vous faites trop de mauvais cholestérol.

– Comment le savez-vous ?

– Par l’historique Chrome nous avons les résultats de vos analyses de sang de ces 7 dernières années.

– OK. Mais je ne veux pas de cette pizza légumes. D’ailleurs, je prends des médicaments pour traiter mon cholestérol.

– Vous ne prenez pas vos médicaments régulièrement. Votre dernier achat à la pharmacie X date de 4 mois.

– Mais j’en ai acheté depuis à la pharmacie Y.

– Je n’en vois pas trace sur votre relevé de carte bancaire. Pas non plus de trace de retrait en espèces.

– J’ai d’autres sources de revenus.

– Cela ne figure pas dans votre dernière déclaration de revenus. Y aurait-t-il fraude ?

– Ecoutez, ça suffit ! Vous me livrez ma pizza ou je vais ailleurs.

– D’accord Monsieur. Mais sachez que nos remarques sont uniquement destinées à vous être agréable.

– A quelle heure doit-on vous livrer ?

– 20 heures. Mon épouse, en visite chez sa mère, sera de retour vers 19 heures.

– J’en doute. Elle vient d’acheter une Rolex loin d’ici il y a 6 minutes.

– Comment le savez-vous ?

– Elle a effectué le paiement par carte bancaire sur son compte personnel en Suisse.

– Puis-je connaitre le montant de l’achat ?

– Non Monsieur. Nous respectons la vie privée des gens.

– J’en ai assez de Google, de vos histoires. Je vais me réfugier sur une ile déserte sans internet et sans téléphone ! Personne pour m’espionner !

– Je vous comprends Monsieur. Mais sachez que la date d’expiration de votre passeport est dépassée depuis 6 mois et 4 jours…

 

Étiquettes en réalité augmentée

Un géant australien du vin, Treasury Wine Estate, met sur le marché des vins dont l’étiquette bénéficie de la réalité augmentée. Cette innovation audacieuse doit son succès plus au contenant de la bouteille qu’à son contenu. Malgré un prix de vente plus élevé que la moyenne pour des vins de qualité similaire, les ventes s’envolent en Australie.

L’astuce est simple, mais encore fallait-il y penser : en scannant l’étiquette sur laquelle figure par exemple un personnage, le personnage s’anime et raconte son histoire. Une nouvelle forme de marketing du vin est née. Elle ne devrait sans doute pas tarder à être utilisée par les professionnels français en particulier pour des produits d’appel.

En attendant, les australiens ont pris les devants en proposant déjà chez nous, en grande distribution, 3 vins munis d’une telle étiquettes à prix sage (10,50 € maximum la bouteille).

 

Manipulation

Christian Gérondeau, ingénieur polytechnicien et spécialiste des questions environnementales, vient de sortir un livre au titre explosif, L’air est pur à Paris…mais personne ne le sait ! Pour se permettre cette affirmation, l’auteur s’appuie sur les rapports de la très officielle association Airparif chargée de la mesure de la pollution de l’air notamment à Paris.

Il ressort de ses recherches que de 1950 à aujourd’hui la concentration de particules fines est tombée de 200 à 20 microgrammes par mètre cube d’air. De plus dioxyde de soufre, plomb et monoxyde de carbone ont disparu de la circulation depuis quelques années.

Ainsi il n’est plus nécessaire de ravaler les immeubles tous les 10ans pour les décrasser. Et Notre Dame de Paris est aussi immaculée aujourd’hui qu’au lendemain de son dernier ravalement en 1996.

C’est donc sciemment que l’état tait la vérité et entretient une véritable psychose chez ses administrés par le biais des ONG, écologistes autoproclamés et autres organismes et lobbies pour lesquels la pollution est un filon juteux.

Serions-nous donc manipulés ?

 

Droit à l’erreur

Propriétaire de son appartement, votre serviteur s’est acquitté comme tous les ans de sa taxe foncière par chèque envoyé au Trésor Public au moyen de l’enveloppe jointe à l’avis d’imposition.

Las ! Quelque temps après mon règlement, nouvel avis d’imposition de l’administration me réclamant 15€ pour n’avoir pas effectué mon règlement initial au motif que j’avais payé « par un moyen autre que le prélèvement mensuel, le prélèvement à l’échéance ou le paiement en ligne ».

Etant loin d’être le seul contribuable à être ainsi mis à l’amende, l’administration a finalement reconnu qu’elle y était allée un peu fort. C’est ainsi que j’ai reçu pour Noël une lettre du Ministre (tout court) m’avisant que je serai « automatiquement remboursé d’ici mars 2019 ».

Mais le plus beau de l’histoire est que le Ministre en question a cru judicieux de conclure cette missive dactylographiée par la note manuscrite suivante :

« Voilà une illustration concrète du « droit à l’erreur » voulu par le Président de la République. Bien à vous » Signé Gérald DARMANIN.

Sans commentaire.

 

Alibaba

Alibaba est le géant chinois du commerce en ligne. C’est aussi le numéro un mondial de ce type de commerce. Son chiffre d’affaires 2017 est de 547 millions de dollars. Le 11 novembre dernier, à l’occasion du Singles’ day (l’équivalent chinois du Black Friday américain) Alibaba a encaissé 30 millions d’euros pulvérisant les plus hauts records des journées spéciales occidentales.

Jack Ma, le fondateur et PDG d’Alibaba, ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers car son objectif est de moderniser le commerce en Chine au moyen de techniques innovantes. Son fil directeur est de fluidifier les relations entre le monde physique et le monde digital. Il n’entend pas convertir les acheteurs en magasin en acheteurs en ligne ni le contraire. Il veut seulement exploiter ses données et son avance technologique pour transformer la distribution physique encore très importante en Chine.

En pratique, cela se traduit par des boutiques de vêtements où l’on détermine très précisément son choix à partir d’un échantillon matériel doublé d’un système informatique sophistiqué. Par une assistance technique pointue aux commerçants traditionnels désireux d’augmenter leur chiffre d’affaires. Par la possibilité d’acheter tout en déjeunant dans un restaurant d’un centre commercial à partir d’un code QR sur la table et d’aller retirer son achat après déjeuner dans le magasin du centre où l’achat aura été fait. Par l’achat instantané par un internaute d’un modèle présenté dans un défilé de mode. Ou encore par une campagne inspirée du Pokémon.

Il est loin d’être exclu que tôt ou tard Alibaba pousse ses pions jusqu’en Europe. Aura-t-il le même succès qu’en Chine car le commerce de détail est très différent chez les occidentaux.

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