Les Brèves du Fureteur 18

Utilité vs bonheur

Dans un article intitulé « le but de la vie n’est pas le bonheur : c’est l’utilité », publié dans Medium, l’américain Darius Foroux pense qu’on recherche d’instinct le bonheur dans la vie alors que celui-ci n’est pas épanouissant. De plus, la course au bonheur ne s’arrêtant jamais il ne peut être un objectif en soi et par conséquent n’est pas quelque chose de réalisable.

Certes le concept de bonheur est agréable mais ce n’est pas ce qui donne un sens à la vie. L’auteur de cet article est heureux quand « je suis utile, lorsque je crée quelque chose que d’autres peuvent utiliser. Ou même lorsque je crée quelque chose que je peux utiliser ».

Etre utile est un état d’esprit autrement plus enrichissant que le bonheur. On peut le mettre en pratique très facilement ans nos faits et gestes quotidiens. Il suffit simplement de se demander, dans une situation donnée, comment faire quelque chose d’utile ? Cela peut être aussi simple que d’aider une personne âgée à traverser la rue.

 

Fistule royale

Qui aurait jamais parié qu’une fistule française, même royale, donnerait naissance à l’un des hymnes nationaux le plus célèbre au monde, le God save the king / queen ? Et que ce serait le fait de deux éminents musiciens ? C’est pourtant la réalité.

En 1686, Louis XIV relève d’une opération d’une fistule anale. Excellente occasion pour Lully, surintendant de la musique à la cour, de faire preuve de son talent et de sa reconnaissance à son généreux mécène. Lully compose donc un cantique louant l’heureuse issue de la royale intervention.

Or cette œuvre connut un tel succès à Versailles qu’elle titilla des années plus tard les oreilles de Haendel qui décida de l’importer en Angleterre en traduisant le texte quasi mot à mot. De fil en aiguille, l’œuvre parvint au roi George II qui, en 1745, décida d’en faire l’hymne national anglais sous le nom de « God save the king ».

 

Pollution numérique

Ne voilà-t-il pas que l’on s’aperçoit maintenant, alors qu’elle est entrée bon gré mal gré dans nos mœurs, que la dématérialisation est loin d’être aussi écologique qu’on nous l’avait fait miroiter pour nous y convertir. Au point que le Figaro Premium dans son édition du 13 juillet 2019 n’hésite pas à titrer « la dématérialisation numérique menace la planète ».

Alors ? Péniblement converti à la dématérialisation, le bon français moyen va-t-il être incité à renouer avec la « matérialisation? », à renoncer aux vidéos auxquelles il avait pris goût au profit des bons vieux DVD nettement moins énergivores ? La question n’est pas encore à l’ordre du jour mais il n’empêche que le constat est alarmant car il semblerait que ce que l’on économise en papier et en plastique on le perd en énergie génératrice de dérèglements climatiques.

Circonstance aggravante : le développement technologique ne fait qu’augmenter ce phénomène. Par exemple l’Iphone 6 a certes une plus grande capacité de données que ses prédécesseurs mais il génère 4 fois plus de gaz à effet de serre que l’Iphone 3GS.

On avance timidement qu’il y aurait bien un moyen de réduire cette pollution numérique en adoptant une certaine « sobriété numérique » : ne pas changer de téléphone tous les ans, regarder moins de vidéos…mais patatras ! Voilà qu’une nouvelle source de pollution voit le jour avec le paiement par carte sans contact qui rencontre un succès exponentiel : +75% entre 2017 et 2018 pour dépasser les 2 milliards de transactions.

 

L’Alchemist

L’Alchemist est l’enseigne d’un restaurant qui vient d’ouvrir à Copenhague et qui ne manque pas d’originalité à tous points de vue. Le cadre, tout d’abord : il est situé dans un ancien entrepôt de la ville aux vastes dimensions pour 40 couverts seulement. La décoration en est soignée et a été prévue pour présenter des animations diverses et variées. Mais c’est dans l’assiette qu’il faut chercher sa plus grande originalité.

Ici, point de cuisine moléculaire à l’instar du catalan Ferran mais une cuisine « holistique » œuvre du jeune chef iconoclaste danois Rasmus Munk. Jusqu’à présent, on ne connaissait l’holisme qu’en philosophie ; voici ce que cela donne en version culinaire : « La restauration holistique est par définition multi couches. Elle fait appel à des éléments du monde de la gastronomie, du théâtre et de l’art, ainsi que de la science, de la technologie et du design afin de créer une expérience sensorielle globale et dramaturgique » (Extrait du site internet du restaurant).

Ladite expérience comme on peut s’en douter a un coût, et même un coût certain, puisqu’il faut débourser 2.500 couronnes pour la partie solide du menu plus un forfait minimum pour le vin de 1.500 couronnes, soit 535€. Par contre, vous êtes installés à table pour 3 à 5 heures de façon à savourer dans les meilleures conditions possibles les 50 « impressions » du chef.

Last but not least, il vous faudra faire preuve d’humilité et de patience si vous voulez accéder à ce temple de la néo gastronomie car d’une part il n’est ouvert que du mardi au samedi à partir de 18 heures et d’autre part il est complet jusqu’au 28 septembre (2019) et les réservations pour la prochaine période de réservation débuteront le 19 août à 17 heures. Et l’on est aimablement mais fermement de matérialiser sa réservation avec les références de sa carte bancaire et un dépôt de 1.000 couronnes (soit 135€ environ).

Sköll !

 

Méthanisation

Décidément, les Catalans du Nord ont de l’imagination. Après avoir déjà inventé et mis sur le marché cette année, et avec succès, le parasol qui résiste à la Tramontane puis le parasol inarrachable avec mini coffre de sécurité, voilà qu’une société de Canet en Roussillon lance « la plus petite unité de méthanisation au monde ».

Au lieu de produire du compost, les déchets organiques sont utilisés pour produire du biogaz. 6kg de déchets produisent 1 mètre cube de gaz et rien n’est perdu puisque le liquide résultant de la transformation constitue un excellent bio engrais.

La première unité de ce nouveau concept se trouve dans un mas proche de Perpignan. Il attire de nombreux curieux.

D’après L’indépendant catalan du 29 juillet 2019

 

Le QI est mort, vive le QC!

Une citation de Poutine fait froid dans le dos: « L’IA est l’avenir de tout le genre humain. Celui qui deviendra le leader dans ce domaine sera le maître du monde ». Nous n’en sommes pas encore là, mais il n’empêche que la montée en puissance inexorable et incontrôlée de l’intelligence artificielle et de sa galaxie d’algorithmes amène à se poser des questions.

Très soucieux de ne pas être en reste, les chinois s’intéressent de très près à la sélection génétique pour améliorer le QI des nouvelles générations avec comme conséquence plausible un monde coupé en deux: d’un côté, les « augmentés » qui feraient tourner le pays et de l’autres les « inutiles » qui vivraient aux crochets de l’état.

Il existe heureusement un moyen d’échapper à une telle situation en mettant en action un outil que l’IA ne possède pas: la conscience, et de remplacer le concept obsolète de QI par celui de QC. « C’est grâce à son niveau de conscience élevé que l’homme pourra corriger et surveiller les algorithmes ».

Le QC d’une organisation serait mesuré en prenant en compte son impact écologique, sociétal, humain et financier.  L’investissement dans le QC permettrait aux entreprises de développer leur complément à l’IA et ‘éviter les lourdes conséquences de pratiques condamnables de nature écologique, humaine, sociétale et financière.

Plutôt que de se laisser submerger par l’IA, la faire bénéficier de la conscience de l’homme pour lui permettre de vivre en bonne intelligence avec lui.

D’après un article de Virginie Rio-Jeanne dans Harvard Business Review du 29 juillet 2019

 

 

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