Les relais routiers

 

« Entrer dans un relais routier, c’est un peu plus qu’aller au restaurant. C’est souvent s’offrir un voyage dans le temps, dans la France des nappes à carreaux et des Tontons flingueurs. C’est aussi être cueilli par la cordialité du personnel et les poignées de main spontanées des patrons. C’est enfin redécouvrir une gastronomie familiale : cuisine au beurre, assiettes débordant de charcuterie et de crudités » Le Monde du 21 juin 2019

Vous voilà en appétit et vous vous précipitez sur le guide 2019 des Relais ou sur le site internet dédié pour trouver l’établissement à macaron rouge et bleu le plus près de chez vous. Mais il vous intéressera peut-être aussi de connaître l’origine et le fonctionnement de cette chaîne des restaurants unique à de nombreux points de vue dont l’un des plus originaux est qu’elle ne fait pas de publicité et que sa réputation se construit uniquement par le bouche à oreilles.

Nous sommes en 1934. François de Saulieu, journaliste, réalise un reportage sur les conducteurs de camions. C’est le déclic ! Ces pauvres conducteurs font un travail pénible et n’ont pas d’endroits où s’arrêter un petit moment et se changer les idées en lisant un journal. Quelques mois plus tard naissait Les relais routiers facilement reconnaissables grâce à leur macaron ainsi qu’au nom de routier, lancé par François de Saulieu, ainsi que l’hebdomadaire Les Routiers toujours en libre-service dans les relais.

Du temps des routes nationales, il y a eu jusqu’à 2.000 relais routiers mais l’avènement des autoroutes a considérablement affecté le nombre d’établissements qui était tombé à quelque 5 ou 600 mais qui est stabilisé et semble même remonter avec des restaurants toujours dans l’esprit maison -faute de quoi ils n’auraient pas droit au macaron- mais pouvant proposer des spécialités hors menu de base qui ne doit pas dépasser 15 € pour un repas complet.

Des investisseurs se sont en effet rendu compte que l’esprit Relais routier pouvait être exploité en ville, non seulement à l’intention des personnes cherchant à faire un bon repas sans casser sa tire lire, mais aussi à l’intention d’une clientèle plus aisée, voire chic, en quête d’un lieu typique de la France traditionnelle où il fait bon vivre. Et ça marche d’autant mieux que les tenanciers et le personnel de ces restaurants sont tenus de n’opérer aucun distinguo entre VIP et clients lambda

Les relais routiers ont fêté récemment leur 80ème anniversaire. A ce train-là, ils fêteront leur centenaire en pleine forme.

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