L’intuition

 

L’auteur de ces lignes pensait s’inspirer d’un article du Figaro Premium du 15 mars pour produire un texte sur le sujet. Il s’est décidé à passer à l’action en lisant l’introduction de La Lettre du même quotidien du 18 mars consacré aux saccages des Champs Elysées le samedi 16 mars -saccages au cours desquels le Fouquet’s est devenu un restaurant à restaurer(!)- et où l’accent est mis sur les « dysfonctionnements » du dispositif de sécurité. « Pour la prochaine fois » lit-on dans cette lettre « nous ne pouvons que lui conseiller (au gouvernement) la lecture de notre stimulant article sur l’intuition ». Ce fut le déclic.

 

Cadrage

Avant de se pencher sur l’article du Figaro, il parait utile de cerner le terme « intuition » et ce d’autant plus qu’il n’en existe aucune définition satisfaisante et qu’il a une multitude de synonymes : prémonition, pressentiment, inspiration, instinct, flair, divination, illumination, précognition, perspicacité, prescience pour n’en citer que quelques-uns.

Philosophes et psychologues s’y sont frottés mais sans résultats vraiment probants, sauf notre Descartes national qui déclare : « Il n’y a pas d’autres voies qui s’offrent aux hommes pour arriver à une connaissance certaine de la vérité que l’intuition évidente et la déduction nécessaire ». La déduction logique est en autres la logique mathématique, ou la logique des algorithmes.

Chez les psychologues, c’est principalement Jung qui s’est exprimé sur le sujet en définissant l’intuition comme une « perception via l’inconscient » : on part d’une perception sensorielle pour faire émerger des idées, des images, des solutions par un processus inconscient.

De nos jours, c’est Caroline Rosain-Montet, psychanalyste jungienne interviewée par le Figaro dans le cadre de l’article cité en introduction, qui définit le plus clairement l’intuition : « C’est la faculté de saisir immédiatement une situation, une idée, une personne et d’aller directement des prémices à la conclusion, sans passer par un raisonnement méthodique étape par étape. Tournée vers le futur, elle nous est « donnée », ce qui reste un mystère, car c’est la fonction la plus connectée avec le conscient et qui ne dépend ni de la volonté ni du désir conscient ».

N’importe qui est capable de déclencher le processus de l’intuition. Pour cela, il suffit de faire au maximum le vide dans sa tête et de se concentrer sur ce que l’on recherche. C’est ainsi que l’on parvient rapidement à trouver sans hésitation une carte rouge dans un jeu de 52 cartes étalées à l’envers devant soi. Ou encore que le douanier repère sans erreur un fraudeur au simple vu d’un détail infime dans son comportement.

Dernier point mais non des moindres : l’intuition révèle toujours la vérité, la solution juste. Ceci est dû à une intervention supérieure bienveillante à la disposition de tous.

 

Vers l’acte 19 des Gilets jaunes

Nos dirigeants auront-ils pris la peine de lire l’article du Figaro en prévision du nouveau samedi de manifestation des « Gilets jaunes » samedi prochain 23 mars, l’acte 19 ? Ce serait souhaitable afin que ne se reproduise pas la catastrophique cacophonie du 16, cacophonie dont le responsable n° 1 est officiellement désigné comme étant le ministre de l’intérieur, monsieur Castaner.

« On » a fait admettre au ministre qu’il y a eu « dysfonctionnement », délicat euphémisme, lors de l’acte 18 des « Gilets jaunes » le 16 mars. Certes, mais son comportement défie toute logique et à l’évidence il n’a pas actionné son intuition. Ou s’il l’a fait, en imaginant que la qualité de son intuition soit représentée par une courbe asymptotique ascendante, cette courbe serait restée désespérément collée à l’axe des abscisses. Ce qui est impensable car il ne se trouvait pas apparemment en état comateux. Toujours est-il qu’il ne s’est pas montré à la hauteur d’un ministre de l’intérieur digne de ce titre.

Qu’à cela ne tienne, il a été « recadré » par le président de la république il et reste en place même s’il est provisoirement doublé par le premier ministre, monsieur Philippe. Mais des personnalités sont visées, notamment monsieur Nunez, secrétaire d’état auprès de monsieur Castaner beaucoup plus au fait en matière de police que son supérieur direct et qui aurait sûrement eu de meilleurs réflexes que lui quant aux décisions à prendre d’urgence.

Durant le tragique épisode de l’acte 18, le président de la république parti en weekend de ski décidait tout de même de revenir à Paris vu la tournure des événements et de se pencher sur le « dysfonctionnement » du dispositif de sécurité. Mais lui non plus ne semble pas avoir eu recours à son intuition qui lui aurait pourtant donné la solution exacte à adopter.

Monsieur Macron, pour des raisons obscures pour nous mais bien calculées par lui, prétend qu’il veut éviter de voir le sang couler et préfère laisser carte blanche aux black blocs qui s’en donnent à cœur joie. Ces derniers ont en outre de moins en moins peur des policiers désormais privés des équipements qui présentaient un certain danger. On casse, mais c’est moins grave que le sang.

Alors que dans la perspective de l’acte 19 des Gilets jaunes samedi prochain, l’intuition de monsieur Macron lui suggèrerait de commencer par régler la question de black blocs via une police libre de ses initiatives pour régler ensuite celle des gilets jaunes, le voilà parti pour introduire l’armée dans son dispositif sécuritaire ce qui va embrouiller encore plus la situation : les militaires ne sont pas formés pour le maintien de l’ordre.

Monsieur Macron, s’i vous plait, utilisez votre intuition pour sauver la France du chaos dans lequel vous l’avez plongée ; cela ne vous coûtera qu’un peu d’abandon de votre orgueil mortifère. Et ayez le réflexe de faire passer le message aux membres de votre gouvernement. Le Figaro et l’auteur de ces lignes vous en remercient à l’avance.

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