Le Roussilllon tarde à se doter d’un oenotourisme de qualité

Le visiteur qui arrive à Perpignan pour se faire une idée sur les vins du Roussillon ne trouve aucune structure  pour lui indiquer qu’il se trouve dans la capitale de l’un des 10 premiers départements producteurs de vin de France. Pas la moindre trace de la moindre Maison des Vins comme il en existe dans la plupart des régions productrices françaises. Pour l’aider dans sa recherche, il devra se contenter des quelques brochures et  dépliants  proposés par l’Office de Tourisme de la ville.  Le site internet de cet organisme  n‘éclaire guère plus le visiteur ; la rubrique  « Autour du vin » se limite  à donner les coordonnées de 12 cavistes et de 6 producteurs de Perpignan. Une misère !

Idéalement le visiteur aimerait trouver à Perpignan un lieu d’accueil spécifique où, en fonction de ses desiderata et de ses disponibilités, on lui concocterait  de suite un programme sur mesure. C’est à dire une Maison des Vins comme dans toutes les régions productrice mais qui se doublerait d’une agence de tourisme très pointue capable d’aller jusqu’à des prestations de très haut de gamme.

Cette entité  pourrait s’intituler « Centre d’Oenotourisme du Roussillon ». L’investissement serait important mais la demande est elle aussi très importante -l’oenotourisme est en progression exponentielle- tant en quantité qu’en qualité et la ville cherche à se créer une image touristique forte. Au vu des atouts dont dispose la vitiviniculture roussillonnaise, le risque est-il vraiment grand?

 

Un vignoble exceptionnel, entre mer et montagnes

Le vignoble  à lui seul constitue déjà un atout important d’un oenotourisme roussillonnais. Il s’inscrit en effet dans un cadre naturel exceptionnel entre mer et montagnes avec une grande variété de paysages. Ses quelque 25.OOO hectares bénéficient de 300 jours de soleil par an. Qualitativement, les cépages gros producteurs de petits vins qui après coupage avec les vins médecins d’Algérie abreuvaient la France en vin de table ont été arrachés en totalité et remplacés par des cépages nobles.

 

Cette transformation du vignoble a permis au Roussillon de créer sa propre image de marque à l’instar des autres grandes régions viticoles françaises.  Les efforts impliqués ont été payants car aujourd’hui le vignoble roussillonnais  entre dans la cour des grands.

 

Des vins d’un excellent rapport qualité/prix

La production moyenne annuelle du Roussillon est de 900.000 hectolitres ce qui correspond à un rendement moyen à l’hectare de 3O hectolitres alors que la moyenne nationale française est de 60 hectolitres; ce faible rendement est un gage de qualité des vins et c’est un autre atout oenotouristique à mettre en exergue. Il n’est donc pas étonnant que ces vins bénéficient d’une reconnaissance qualitative officielle.

 

Au plan de la commercialisation, les vins du Roussillon, encore nouveaux venus sur le marché comparativement aux vins des régions historiquement productrices, sont encore à un prix attractifs: c’est encore un atout! Une preuve de cet intérêt? Des producteurs réputés de grandes régions viticoles, à l’étroit chez eux, investissent en Roussillon. Les exportations sont encore balbutiantes et pour les faire passer à un niveau supérieur avec l’appui d’une campagne appropriée, il est indispensable de disposer d’un vin donné en quantités suffisantes.

Là encore la réponse existe -atout supplémentaire- avec l’appellation Côtes du Roussillon qui représente plus du tiers de la production totale. De quoi alimenter une campagne publicitaire ciblée.

 

A quand l’ouverture du Centre Oenotouristique du Roussillon?

Futur Centre d’Oenotourisme du Roussillon?

Les atouts sont donc là. Un premier pas vers la création d’un tel centre se trouve  dans section vin envisagée à l’office de tourisme qui doit s’installer à la Loge de Mer. Des tests permettraient de voir la faisabilité du projet. Si les résultats sont concluants, il faudra  trouver le local et le financement. Pour le local, la solution saute aux yeux avec l’ancien mess des officiers idéalement situé au pied du Castillet.

Cet immeuble, inoccupé depuis des années, avait d’ailleurs été déjà pressenti il y a quelques années pour créer ne sorte de maison des vins mais le projet avait échoué faute d’entente entre les parties intéressées à cause du financement et du coût de fonctionnement de l’entité.

 

Pour le financement, il semble logique qu’il soit assuré  majoritairement  par la ville et par le CIVR, le Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon dont l’une des fonctions est justement de promouvoir les vins du terroir. Mais si cette piste s’avérait être un nouveau cul de sac, pourquoi ne pas faire appel à une société privée? Bien gérée, l’affaire devrait être rentable et générer de nombreux emplois. La ville aurait tout à y gagner.

 

NB: Côté tourisme, en période de démarrage le Centre devra faire avec  l’équipement hôtelier – restauration actuel mais il est évident que ce dernier évoluera automatiquement si la demande est là.