Perpignan ville royale

Nous sommes en 1276 lorsque Jaume 2 (Jacques 2), premier des 3 rois de Majorque, décide de faire de Perpignan la capitale de son royaume. Il s’installe dans un palais forteresse construit sur une colline au Sud de la ville. Ce palais n’aura été en service que 73 ans, soit jusqu’en 1349, date à laquelle le royaume est dissout et le Roussillon rattaché à la Catalogne avant de devenir français au terme du traité des Pyrénées ( 7 novembre 1659). Le Palais des Rois de Majorque -le château , comme les perpignanais aimaient à l’appeler- est aujourd’hui le principal témoin de cette époque révolue.

 

Le Palais des Rois de Majorque joyau de la citadelle de Perpignan

Le moins que l’on puisse dire est que le Palais des Rois de Majorque aura eu une vie mouvementé du 13ème siècle à nos jours. Conçu par des architectes réputés, c’est d’abord une résidence qui se veut élégante et fonctionnelle. Elle marque la fin de l’art roman et le début du gothique que l’on retrouve en particulier dans les deux chapelles superposées directement inspirées de la Sainte Chapelle à Paris qui date de la même époque.

 

Sécurité oblige cependant et d’austères murailles ceignent le «château» pour calmer les convoitises de prédateurs éventuels. A la dissolution du royaume de Majorque, le château est resté la propriété de dirigeants espagnols qui en avaient fait une villégiature. Dans le même temps, la création d’une citadelle sur la colline prenait forme. Désintérêt progressif des Espagnols pour cette résidence et intérêt grandissant des militaires pour faire du lieu le donjon de la citadelle ont fait qu’au final ce sont les militaires qui l’ont emporté.

 

Ces derniers étant insensibles au charme des vielles pierres, c’est grâce une fois de plus à Prosper Mérimée qu’à partir de 1837 on va enfin sauver le palais du désastre. Les processus de réhabilitation est enclenché le plus spectaculaire étant entrepris après la seconde guerre mondiale. Intervient alors le coup de théâtre du 24 janvier 1958: après d’âpres discussions avec autorités militaires, le département des Pyrénées Orientales rachète le donjon 5 millions de francs. Le joyau de la citadelle

entame une nouvelle vie.

 

Un intérêt touristique perfectible

Il est indéniable que le Conseil Départemental fait de gros efforts pour attirer touristes et Perpignanais au Palais des rois de Majorque notamment en proposant des animations et des spectacles de qualité à titre gratuit.

Le revers de la médaille est son accessibilité et son environnement.Son accessibilité d’abord pour arriver à l’entrée et ensuite pour accéder au palais proprement dit. L’entrée n’est en effet pas évidente à trouver et la seule desserte du site par les transports urbains se résume à la ligne de bus n° 16 qui contourne à distance la citadelle. Si l’on veut y venir à pied depuis le centre historique, lieu de concentration des touristes, pas de fléchage et des ruelles pentues peu engageantes.

 

Quant à y venir en voiture…mieux vaut ne pas y penser, le stationnement y étant impossible.

 

Et puis, lorsqu’on a franchi l’entrée -payante- du site il faut être en bonne forme physique pour gravir la longue rampe menant à l’esplanade du palais. Apparemment, aucun dispositif mécanique pour aider les personnes âgées ou handicapées.

Quant à l’environnement, il est inexistant du point de vue touristique. Problème du stationnement mis à part, pas le moindre établissement pour se désaltérer et a fortiori pour se restaurer après la visite. En résumé, aller visiter le Palais des Rois de Majorque relève plus de l’expédition que de la partie de plaisir.

 

 

A quand l’ouverture de la citadelle au public ?

Si l’on regarde un plan d’ensemble de la citadelle telle qu’elle se présente aujourd’hui, on constate que l’espace « palais » n’occupe en gros que le tiers de la citadelle. Les deux autres tiers, hautement sécurisés, appartiennent toujours à l’armée laquelle, soit dit en passant, fait preuve d’une discrétion exemplaire quant à son activité en ces lieux.

Cette partie de la citadelle revêtirait pourtant un très grand intérêt historico-touristique si elle était ouverte au public. On y trouve en effet des casernes anciennes à l’architecture originale qui à elles seules pourraient faire l’objet de visites instructives.

 

Un autre aspect de l’intérêt de cette zone est son ouverture dégagée sur la ville, sa desserte aisée et ses grands espaces libres.

 

Le contraste avec la partie donjon est total. Loin de faire ombrage au palais, la partie militaire de la citadelle étofferait la visite de l’ensemble du point de vue historique et augmenterait la qualité de l’accueil des visiteurs. Les lieux devraient se prêter assez facilement à la création d’une cafetaria, voire d’un bon restaurant, qui s’avèreraient certainement rentables vu l’absence totale de concurrence dans les alentours.En complétant cette organisation avec un système de navettes depuis le nouvel office de tourisme jouxtant l’hôtel de ville, la citadelle pourrait rapidement s’inscrire au premier rang des monuments emblématiques de Perpignan et décupler son nombre de visiteurs.