Gérer des déchets, c’est calculer en fonction de nombreuses inconnues

 

L’une des principales composantes de la qualité de la vie d’une ville, dont Perpignan, est sa propreté c’est à dire l’absence de toute forme de déchets dans ses voies, espaces et autres lieux publics. En théorie, les communes auraient pourtant intérêt à collecter le plus de déchets possibles sur leur territoire car ces derniers ont désormais une valeur marchande après recyclage. La réalité est moins prometteuse car il faut tenir compte de le rentabilité de l’opération si l’on considère les surcoûts du prix de revient des déchets collectés liés en particulier à l’incivilité de la population.

 

 

Un service de nettoiement efficace mais….

Pour assurer sa propreté la ville de Perpignan ne lésine pas sur les moyens techniques et humains qu’elle met en oeuvre en œuvre 7 jours sur 7 et quasiment 24 heures sur 24. On ne peut pas faire 100 mètres en ville sans voir un véhicule du service de nettoiement pour les grandes surfaces ou un préposé à pied pour le balayage des trottoirs.

 

 

Le parc de matériel roulant est bien adapté et moderne : il s’ouvre de plus en plus aux véhicules à motorisation hybride, voire 100% électrique.

La collecte des déchets, dont l’essentiel est constitué par les ordures ménagères, mobilise fortement le service de nettoiement. La généralisation des conteneurs enterrés lui facilite néanmoins la tâche.

Il est toutefois regrettable qu’à Perpignan, en dépit des moyens et des efforts déployés par les acteurs de la propreté, les espaces publics ne restent jamais nets plus de quelques heures après avoir été nettoyés. La raison principale, espiègleries de la Tramontane mises à part, est l’incivilité chronique d’individus qui ignorent délibérément les poubelles mises à leur disposition et qui n’ont que faire des conséquences de leurs actes. Ils n’ont que faire de ce que représentent les déchets. Et pourtant…

 

Les déchets, source de revenus pour la ville

Plus l’on souhaite avoir une ville propre, plus il faut augmenter les fréquences de ramassage ce qui a évidemment une incidence sur le coût de la tonne de déchets collectés. Or, plus ce coût est élevé, moins ce sera rentable pour la ville qui les revend à l’industrie -florissante- du recyclage selon la loi de l’offre et de la demande.

A Perpignan les camions de ramassage viennent déverser leur chargement dans une unité de pré- traitement qui se trouve à Calce, petit village à une vingtaine de km au Nord Ouest de la ville. Là, une usine ultra moderne trie les déchets en fonction de leur nature : papier, plastique, fer blanc etc…Les matériaux triés sont ensuite compactés et vendus pour recyclage à des usines spécialisées.

Quant aux déchets irrécupérables, ils sont brûlés dans d’énormes fours et génèrent de l’électricité elle aussi revendue.

Un équilibre à trouver

Alors, faut-il maintenir, voire encourager, la production de déchets pour alimenter les caisses de la municipalité perpignanaise et faire vivre un pan nouveau de l’économie française ? Faut-il affiner encore le pré- traitement des déchets pour une meilleure valorisation ? Ou bien encore serait-il préférable de réduire drastiquement la production de déchets pour réduire la pollution liée à leur recyclage ? Le débat est ouvert .

 

 

Une chose est certaine : la rentabilité a un rôle primordial à jouer dans la solution à adopter pour redonner un peu de couleur aux finances bien palotes de la capitale du Roussillon.

En attendant, les services de nettoiement de Perpignan sont à la recherche de la solution miracle (efficace et bon marché) pour lutter contre les chewing gum écrasés qui maculent les trottoirs. Leur dernière trouvaille est la cryogénie qui de surcroît ne pollue pas . Le seul hic est que la note est salée : 4,5 € le m2 et que l’on ne peut pas compter sur le recyclage du chewing gum pour amortir la dépense vu que le traitement cryogénique dont il a été l’objet l’a littéralement volatilisé !