Un train centenaire encore opérationnel…..

Le Canari est l’amical surnom donné à une pépite du patrimoine des Pyrénées Orientales : le Train Jaune. Il fut crée au début du 20ème siècle pour désenclaver les villages des hauts cantons du département et permettre à leurs habitants de rallier la plaine du Roussillon en toutes saisons.

 

 

 

 

Trait d’union entre plaine et montagnes

Le Train Jaune fonctionne encore aujourd’hui mais d’économique son rôle est devenu touristique, la N116 qui le double assurant la quasi totalité des échanges entre la plaine et la montagne. La SNCF l’exploite en tant que TER. Il est unique à de nombreux points de vue. Avec un parcours de 62,5 km, de Villefranche de Conflent à La Tour de Carol, c’est la plus longue ligne à voie métrique de la SNCF.

 

Sa gare de départ est à 427 m ; il grimpe jusqu’à Bolquère Eyne qui, avec ses 1592 m d’altitude , est la gare SNCF la plus haute de France. Avant d’arriver à son terminus, il passe par Osseja qui est la gare la plus méridionale de France. Le trajet est truffé d’ouvrages d’art, tunnels, bien sûr, mais aussi de deux ponts monumentaux uniques : le pont Gisclar, qui est le dernier pont suspendu ferroviaire encore en service en France, et le pont Séjourné, en maçonnerie, inscrit aux monuments historique.

Il est aussi unique car il s’auto alimente en énergie grâce à un ensemble d’ouvrages hydroélectriques parfaitement entretenus. La Poste a même honoré le Canari en lui dédiant un timbre de 3 francs -0,46 euro le 14 juillet 2000 .

 

Mais à bout de souffle …

Oui : force est de constater que le Train Jaune dans sa version actuelle est à bout de souffle et aurait bien besoin d’oxygène. On se demande même si ses jours ne sont pas comptés tandis que d’aucuns se mobilisent avec acharnement pour son maintien.

Les faits son là : ce sont toujours les mêmes infrastructures et les mêmes matériels -automotrices en particulier- qui sont en service depuis son inauguration le 18 juillet 1910. Il faut toujours environ 3 heures 20 pour effectuer la soixantaine de km du parcours. Les pannes sont fréquentes, les horaires incertains tandis que le prix des billets est loin d’être populaire.

Conclusion : déjà pu connu du grand public, il devient dissuasif pour les touristes dont le nombre serait de l’ordre de 200000 par an.
Il est à noter que des tentatives de remplacement des rames d’époque par des rames plus modernes n’ont pas été très concluantes.

 

Vers un Canari new look ?

A l’heure où le Roussillon semble vouloir s’éveiller au tourisme, la disparition du Train Jaune serait désastreuse. En revanche, son remodelage complet non seulement lui redonnerait un attrait touristique de premier ordre mais encore contribuerait à décharger la N116 obsolète d’une partie de son trafic.

Dans la foulée, la modernisation du Train Jaune stimulerait le développement touristique de montagne et inciterait les investisseurs à développer les infrastructures existantes et à créer des ensembles hôteliers et autres bases de loisirs dont elle manque cruellement.

Au même titre que le Castillet à Perpignan et que la montagne sacrée des Catalans, le Canigou, le Train Jaune est emblématique des Pyrénées Orientales.