Vin et alcoolisme

 

 

Nos législateurs, sous la houlette d’un certain Monsieur EVIN auteur de la loi du même nom adoptée en 1991, n’ont de cesse de restreindre de plus en plus la liberté de consommer des boissons alcoolisées sans distinction. On en est ainsi arrivé au point où l’on culpabilise dès qu’on trempe les lèvres dans un verre de ce produit phare de notre agriculture qui jouit d’une renommée mondiale : le VIN. Cette situation est inadmissible

 

Lutte antialcoolique, oui mais….

Cette lutte est nécessaire, vu les quelque 50.000 victimes annuelles de l’alcoolisme. Notre ministre des Solidarités et de la Santé s’y emploie en s’appuyant sur Santé Publique France, un organisme officiel crée en 2016 doté de 625 agents (on en découvre tous les jours !). Mais ces éminents technocrates d’une part ne font pas de distinguo entre vin et autres boissons alcoolisés et semblent ignorer que la consommation de vin a considérablement évolué depuis un bon demi-siècle.

Le vin est un produit 100% naturel alors que la quasi-totalité des autres boissons alcooliques sont des produits industriels souvent 100% chimiques à part l’eau qu’ils peuvent parfois contenir. Etant des produits industriels, ces boissons peuvent être adaptées au goût des consommateurs mais cette liberté de fabrication ouvre la porte à leur dangerosité. Ce sont elles qui sont génératrices d’alcoolisme plus précisément chez les jeunes. Nous pouvons tous constater que les jeunes sont friands de ces boissons innovantes qui, sous leur apparence innocente, les soulent rapidement. Si l’on ajoute que la plupart de ces jeunes sont des consommateurs irréguliers et qui souvent accompagnent leurs « dégagements » de drogues illicites, on voit tout de suite les dégâts que peuvent causer lesdites boissons. C’est dans cette direction que la lutte antialcoolique peut faire du bon travail.

Quant au vin, sa consommation a très fortement chuté en un demi-siècle. Désormais, on boit moins mais mieux. On ne voit plus de poivrots se saoulant au gros rouge. L’amorce du déclin de la consommation de masse est liée au débarquement en France du coca cola -dénommé à l’origine le Beaujolais du Texas- produit qui a ouvert la porte à une foultitude de boissons nouvelles, avec ou sans alcool, se substituant progressivement au vin. Et puis Monsieur Evin est entré en scène, la police a été équipée d’éthylomètres générateurs d’amendes et de retrait de points sur le permis de conduire. Bref, le marché du vin s’est recadré. Et partant le profil du consommateur qui s’est assagi quantitativement et raffiné qualitativement. Il ne donne plus guère prise à la lutte antialcoolique.

 

….. éviter de tuer la poule aux œufs d’or !

Plutôt que de cristalliser leurs élucubrations sur les effets pervers du vin qu’ils grossissent à l’envi, nos chers technocrates feraient mieux de reconnaitre le rôle de premier plan qu’il occupe dans l’économie de la France et encore mieux de tout faire pour qu’il conserve ce rôle. En effet, outre le nombre conséquent de personnes qu’il fait vivre directement, l’engouement dont il est l’objet de la part des connaisseurs et des amateurs éclairés qui constituent désormais la quasi-totalité des consommateurs tant français qu’étrangers qu’il génère une foule d’activités nouvelles créatrices d’emploi. Citons entre autres les cours d’œnologie, l’art de la dégustation et l’œnotourisme qui sont en plein développement.

Sur le plan financier, le vin représente de bonnes rentrées dans les caisses de l’état au travers des taxes auxquelles il est soumis, mais il y a mieux. En effet, il est le seul produit agricole qui ne bénéficie d’aucune aide à l’exportation. Voilà un élément à prendre en considération surtout en ce moment où les finances publiques traversent une zone de turbulence. Le vin est une poule aux œufs d’or pour l’état : il se doit de bien la soigner.

Enfin, même si cela doit choquer nos ligueurs antialcooliques, le vin n’est pas le poison qu’ils affirment être. Permettons-nous leur glisser à l’oreille la fameuse réflexion de Louis Pasteur « le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ». Le corps médical à son tour s’est penché sur l’étude du rôle du vin dans la santé humaine. Les études abondent dans ce domaine et toutes se rejoignent pour déclare qu’une consommation raisonnable de vin n’a jamais fait de mal à personne, au contraire. Ajoutons que cette consommation sera d’autant moins nocive qu’elle sera régulière, donc aura habitué notre organisme qui en fera bon usage.

 

In medio stat virtus

En conclusion, non seulement il est normal mais encore il est du devoir de l’état d’exercer un contrôle sur la consommation d’alcool mais en agissant avec discernement. Préalablement à toute prise de décision, il importe qu’il tienne compte de deux paramètres essentiels : la nature du produit et le profil du consommateur. Cela lui évitera de commettre des erreurs préjudiciables tant pour l’économie que pour les finances publiques.

Mais que l’état ne se mêle pas, au motif qu’un ministre se doit de faire quelque chose de marquant lors de son passage au gouvernement de façon que son nom passe à la postérité, de démolir quelque chose qui marche bien, tout seul, sans aide ce qui est très rare, voire unique. C’est le cas du vin. Le vin, symbole du prestige de la France dans le monde.

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