Le vin dans 50 ans

Alyssa Giacobibe résume dans un article publié par Medium Aliments l’opinion de deux experts américains Karen MacNeil et Evan Goldstein sur ce qu’ils pensent que sera  le vin en 2069. En gros, pas question de démystifier le vin mais il ne saura échapper à la technologie. Pourquoi ? En raison du changement climatique qui a déjà forcé l’industrie du vin à évoluer davantage au cours des 20 dernières années que les 500 précédentes.

 

Du vin…sans raisin

Dans 50 ans, la Bourgogne sera devenue trop chaude pour continuer à produire les vins que nous connaissons actuellement. Cela pourrait signer l’arrêt de mort des millésimes car les vignerons seront obligés de créer des assemblages pour compenser les mauvaises années.

Cette situation pourrait conduire à une dépendance de plus en plus grande à des technologies nouvelles de production artificielle. La section vin de l’université de Californie, à Davis, utilise déjà des méthodes permettant de produire des vins sans électricité, ni eau ni sol.

Encore quelques recherches et l’on risque bien de voir apparaître sur le marché des vins obtenus à partir de raisins génétiquement modifiés, voire de faux raisins produits à partir de molécules chimiques. On mange bien déjà du bœuf sans bœuf. Alors, pourquoi pas du vin sans raisin ?

 

La mort du tire-bouchon

De nouvelles régions vont s’ouvrir à la viticulture mais là aussi il faudra avoir recours à la technologie pour pallier les inconvénients d’une main d’œuvre de plus en plus rare et chère. Par exemple, de nouvelles machines seront capable d’effectuer tous les travaux de la vigne, y compris la taille.

Il va aussi falloir s’adapter dans les chais. Pour le bouchage des bouteilles, le liège va devenir très rare et sera réservé aux très grands vins. Pour les autres, le bouchage à vis va se généraliser mais on verra de moins en moins de bouteilles en verre car ce produit est lourd et coûteux. Le vin en canettes, en tetra pack, sou plastique ou en bouteilles d’aluminium. En attendant l’avènement des bouteilles comestibles à base de sucre.

 

Optimisme de mise pour la consommation

A la lumière de ce qui précède, on pourrait fort bien ne pas être très optimiste quant au devenir de la consommation. Mais que nenni ! Nos experts sont même optimistes. Ils estiment en effet que « le vin sera par sa nature et par nécessité, plus accessible que jamais même s’il est devenu plus difficile à produire ».

Comment ? Business d’abord ! Et les gros producteurs américains et australiens en particulier de sentir le vent tourner et d’orienter leur publicité « autant sur l’expérience de boire que sur le vin lui-même ». Et de commencer à utiliser la réalité virtuelle notamment pour proposer des visites et des dégustations virtuelles ce qui évite aux consommateurs d’avoir à se rendre dans les vignobles.

On commence à mettre l’accent sur les vins « faciles à aimer » en leur donnant des noms du langage quotidien tels que Butter, Toast ou Jam que l’on présente dans le cadre de soirées cinéma ou musique.

Les vins haut de gamme ne pâtiront pas de cette concurrence, bien au contraire estiment nos experts car leur rareté ne fera qu’augmenter leur notoriété. « Le vin, en fin de compte, est un art liquide et il y aura toujours des gens intéressés à le collectionner » estime Evan Goldstein.

Comments

  • Ce que prévoient ces spécialistes américains ne parait pas utopique du tout. Cependant, en ce qui concerne les contenants, il est pratiquement sûr que les grands vins resteront toujours présentés en bouteilles de verre -bourguignonnes ou bordelaises principalement- avec bouchons de liège.

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