Médecines douces

Les médecines douces connaissent un succès croissant auprès d’une population à la recherche de nouveauté pour son bien-être. Elles s’avèrent souvent efficaces mais manquent de reconnaissance officielle.

 

Médecine non conventionnelle

Dans le langage médical les médecines douces sont considérées comme faisant partie de la médecine non conventionnelle par rapport à la médecine classique qui elle est conventionnelle. Elles sont d’ailleurs désignées par cette dernière sous une quantité d’appellations telles que pseudos médecines, médecines alternatives, médecines parallèles, médecines holistiques, médecines naturelles et même fake médecines.

Ce qui distingue les médecines douces de la médecine conventionnelle c’est que cette dernière s’appuie sur des traitements validés scientifiquement et soumis à de nombreux contrôles ; son efficacité est prouvée. Rien de tout cela dans les médecines douces qui jouent la carte du bien-être avant celle du soin. C’est en fait de là que vient leur force car elles rassemblent de plus en plus d’adeptes.

 

Les mille et un visages des médecines douces

Le domaine des médecines douces est en perpétuelle évolution.  De nouvelles font sans cesse leur apparition sur le marché. Il n’existe donc pas de liste exhaustive des médecines douces. Des estimations font état de 400 sans compter les variantes notées dans chacune d’elles.

A titre d’exemple le chamanisme, pratique millénaire tombée en désuétude mais qui redevient très tendance en ce moment. Un coup d’œil à la rubrique « chaman » sur internet et l’on se trouve nez à nez avec une génération spontanée de spécialistes qui n’hésitent pas à s’auto proclamer « chimiste chamanique », « thérapeute chaman » « chamaniste spirituel et incarné », chaman contemporain », « chaman yogi », « praticien en soins chamaniques » et autres, de quoi en perdre son latin. Mais tous ont une audience.

Pour pallier les risques de débordement provoqués par des individus peu scrupuleux et qui voient dans les médecines douces un excellent moyen de gagner facilement de l’argent, le gouvernement a mis en place des organismes de contrôle dont la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires). Une trentaine de spécialités sont particulièrement surveillées en raison des dérives auxquelles elles peuvent donner lieu : c’est rassurant pour le consommateur !

Les secteurs qu’il convient d’aborder avec prudence sont ceux de la médecine énergétique, de la naturopathie, de la psychobiologie, de la médecine quantique, de la sophrologie et de l’iridologie entre autres. La surveillance dont ils sont l’objet a donné lieu à une judicieuse réflexion d’un commentateur :si l’on se montre aussi circonspect vis-à-vis des médecines douces, si les Français se mettent à aller mieux grâce aux médecines douces, c’est qu’il y a un manque à gagner pour certains lobbies.

 

Des relations tendues entre médecins conventionnels et praticiens en médecines douces

Le fond du problème est que la médecine conventionnelle entend  conserver le monopole des soins la médecine non conventionnelle devant se limiter à l’apport du bien-être. Il y a tout de même en France quelques médecines douces qui ont été reconnues par la médecine conventionnelle bien qu’elles ne répondent pas aux critères en vigueur chez cette dernière. Ainsi, l’acupuncture et l’homéopathie sont désormais reconnues comme des pratiques médicales légales. Les titres professionnels d’ostéopathe et de chiropracteur sont reconnus mais non validés. Dans les hôpitaux et les CHU les médecins sont autorisés à mettre en œuvre l’hypnose, par exemple, comme thérapies complémentaires et d’en tester les effets.

Médecine conventionnelle et médecines douces coexistent donc mais sont loin de cohabiter. Les frictions entre elles sont nombreuses. Une des toutes dernières en date a été publiée dans la presse du 3 septembre 2018 : la faculté de Lille suspend son diplôme d’homéopathie pour l’année universitaire 2018-2019. Cette décision fait suite à une réflexion « scientifique et pédagogique » de 124 médecins et professionnels contre les médecines alternatives.

La très puissante industrie pharmaceutique, toujours âpre au gain, se garde bien de mettre de l’huile dans les rouages pour faciliter la collaboration entre les deux clans. Bien au contraire. On l’observe bien dans le secteur de l’herboristerie où des officines ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. On dit qu’elles disposaient de plantes dont les effets étaient plus probants -tout en étant naturels et moins cher- que leurs composés chimiques.

 

Vers une ébauche de modus vivendi

A l’évidence la médecine douce est venue perturber le monopole de l’industrie pharmaceutique. Ce qui n’arrange rien cette dernière accumule les déboires liés à des médicaments aux effets indésirables. Les scandales s’accumulent. Après celui du Mediator, voici que prend forme celui du Lévothyrox. Même si les laboratoires impliqués tendent à minimiser les impacts, cela leur coûte très cher et il faut avoir leur puissance financière pour encaisser ces chocs. De plus, l’industrie pharmaceutique classique se rend compte que leurs molécules chimiques leur reviennent très cher et sont parfois moins performantes que celles de plantes peu couteuses.

Simultanément, la médecine non conventionnelle peine à faire accepter par le consommateur des produits qu’elle estime non dangereux et efficaces. Par exemple le Cannabidiol, ou cannabis light, déjà disponible dans de nombreux pays étrangers et qui est autorisé à la vente en France depuis fin 2017. Il s’agit d’un antidépresseur dont le potentiel serait énorme. Mais pour l’instant on lui reproche sa connotation cannabis. Il aurait besoin d’une reconnaissance officielle.

Les bases d’un modus vivendi tiennent dans les 2 paragraphes ci-dessus. Il serait nécessaire et suffisants que les laboratoires pharmaceutiques, qui auraient tout à y gagner, acceptent de traiter les produits de médecine douce pour les faire reconnaître officiellement et leur conférer les mêmes garanties que celles des médicaments classiques.

 

Comment éviter les dérives sectaires ?

Dans l’état actuel des choses, la médecine conventionnelle continue à s’opposer à la médecine alternative qui ne devrait avoir d’autre objectif que le bien-être de ses adeptes. Mais c’est la théorie, car en pratique les médecines douces prolifèrent et ont de plus en plus de clients. Une des raisons est certainement que les praticiens des médecines douces savent beaucoup mieux accrocher la clientèle que les médecins classiques (qui de surcroît n’ont pas le droit de faire de la publicité).

L’inconvénient c’est que les médecines douces sont des mines d’enrichissement potentiel d’individus sans scrupules et des occasions en or pour faire de la dérive sectaire. En d’autres termes, plus les médecines douces se développeront, plus ses méfaits seront nombreux. Deux solutions sont possibles : mieux encadrer légalement la pratique des médecines douces ou mieux intégrer les médecines douces dans la médecine conventionnelle.

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